Il sort plein d'applis pour femmes en ce moment. Communautés, réseaux d'entraide, plateformes de mise en relation : le sujet parle, et forcément, ça donne des idées à du monde. Parfois, je tombe sur l'une d'entre elles et je reconnais quelque chose : mon ton, ma façon de parler de mon projet, presque mes mots. Et pendant longtemps, ça m'a fait un petit pincement.
Le réflexe naturel : se sentir menacée
La première réaction, c'est presque toujours la même : "elle a pris mon truc". Un peu de panique, un peu d'agacement, l'impression qu'on te vole quelque chose qui t'appartenait. C'est humain, et c'est même prévisible : quand tu as mis du temps, de l'énergie et une part de toi dans un projet, voir quelqu'un d'autre parler presque pareil, ça touche un nerf. C'est souvent le même terrain que le syndrome de l'imposteure : la légitimité qu'on n'arrive pas encore à s'accorder.
Ce que j'en pense maintenant
Avec le temps, j'ai changé d'angle. Si mon ton, ma façon de raconter mon projet inspirent d'autres personnes à se lancer, c'est plutôt cool d'être inspirante. Ça veut dire que ce que je fais résonne assez pour donner envie à d'autres de tenter un truc similaire. Ce n'est pas rien.
Et surtout, ce qui compte vraiment, ce n'est pas qui a eu l'idée en premier. C'est l'exécution qui fait la différence. Deux projets peuvent partir d'un constat presque identique et avoir des trajectoires complètement différentes, selon la constance, l'écoute et la façon dont chacune tient dans la durée.
Être inspirante, ce n'est pas un problème. Le seul truc qui compte, c'est qu'on se tire pas dans les pattes.
La seule vraie limite : ne pas se tirer dans les pattes
Il y a une différence entre de la concurrence saine et du sabotage. Coexister avec d'autres projets similaires, ça ne me dérange pas. Ce qui pose un vrai problème, c'est quand quelqu'un joue perso au détriment des autres : dénigrer, copier sans respect, jouer la carte de la rivalité plutôt que celle de la solidarité entre femmes qui essaient de faire avancer un même sujet.
Le marché est largement assez grand pour plusieurs projets qui s'adressent aux femmes. Ce n'est pas un gâteau à se partager à couteaux tirés, c'est un sujet encore trop peu couvert pour qu'on ait besoin de se battre entre nous pour une part.
Ce que ça change dans ma façon de bosser
Concrètement, je ne surveille pas les projets qui ressemblent au mien. Je ne passe pas mon temps à comparer, à vérifier qui a sorti quoi. Ce temps-là, je préfère le mettre sur mon propre truc : mes clientes, ma communauté, ce que je peux améliorer chez moi. La comparaison permanente, ça n'a jamais fait avancer personne plus vite.
Si toi aussi t'as peur de te lancer parce que "ça existe déjà un peu" ailleurs, c'est exactement le genre de blocage qu'on travaille ensemble en coaching : recentrer sur ton exécution à toi, pas sur ce que fait la concurrence.
Je partage régulièrement ce genre de réflexions sur LinkedIn.
Par Mar(t)ine